Parce que quand nous avons terminé un roman, nous sommes à sec et avons besoin de vivre avant de pouvoir nous remettre à écrire. Et au-delà des idées, il faut aussi que l’envie revienne.
Certains auteurs publient chaque année parce que c’est leur rythme naturel. D’autres, parce que leur situation économique l’exige. D’autres encore parce qu’ils craignent que le public les oublie. Nous trouvons autrement plus dangereux d’être présent chaque année, au risque de lasser.
Maud Ventura nous faisait remarquer que cinq ans se sont écoulés entre « La carte postale » et « Finistère » d’Anne Berest. Véronique Sanson a attendu des années avant de sortir un disque après être rentrée des États-Unis cassée par son divorce et la bataille pour la garde de son fils. Tout le monde lui conseillait de vite sortir un album pour ne pas qu’on l’oublie, mais elle n’en était pas capable et faisait confiance à son public. « S’il m’aime, il m’attendra. »
Nous voulons croire que les lecteurs, s’ils nous aiment, seront là quand nous reviendrons, peu importe quand.
