America[s] : histoire d’une playlist

America[s] est notre roman le plus musical. Quoi de mieux que des chansons pour restituer l’atmosphère d’une époque ? Et puis, musicalement parlant, ces années-là, c’était quand même quelque chose !

Playlist America[s]

Alors, comme nous ne nous refusons rien, nous avons convoqué, entre autres, Simon & Garfunkel, David Bowie, les Rolling Stones, Bruce Springsteen, Elton John… Rien que ça ! 😊😊

Revisitez la BO du roman avec nous et découvrez ce qui a motivé le choix de ces titres…

Voici les 21 morceaux dans l’ordre dans lequel ils apparaissent dans le roman. N’hésitez pas à les écouter pendant votre lecture ! Ou à lire le roman pendant votre écoute ! 😉😉

1. America – Simon & Garfunkel (1968) 

Cette chanson s’est imposée, avant même que le roman ne porte ce titre. Ce n’est pas le morceau le plus connu de Simon & Garfunkel, et c’est tant mieux. Quelle formidable façon d’entrer dans l’histoire !
Vous noterez qu’Amy passe par Pittsburgh, comme Kathy dans la chanson. Nos personnages baignent dans la culture pop. Ils écoutent la radio, regardent la télévision (Amy parle de Scooby-Doo, de Bip Bip et Coyote, des Fous du volant, etc.), vont au cinéma… comme nos lecteurs. Ils n’évoluent pas en vase clos. Ça leur donne plus de corps.

(Cherche Midi p. 27 / Pocket p. 26)

2. Too Late to Turn Back Now – Cornelius Brothers & Sister Rose (1972)

Nous ne connaissions pas cette chanson, que nous avons découverte en passant en revue des centaines de morceaux de l’époque.

« Trop tard pour faire demi-tour » ! Une chanson qu’Amy prend comme un signe alors qu’elle se trouve dans le camion de Rob, notre routier vétéran de la guerre du Vietnam. Nous avons nous-mêmes tendance à voir des signes un peu partout…

(Cherche Midi p. 31 / Pocket p. 31)

3. Summertime – George Gershwin (1934)

C’est Glinda, notre serveuse-pianiste-bonne fée, qui joue ce chef-d’œuvre de George Gershwin, composé en 1934… l’année de À l’ombre de Winnicott !

(Cherche Midi p. 49 / Pocket p. 50)

4. Theme from Love Story – Francis Lai (1970)

Amy est amoureuse de Ryan O’Neal, l’acteur de Love Story, qu’elle a découvert à sa sortie au cinéma, en 1970. Si le film l’a fait pleurer, la bande originale, magnifique, n’y est sans doute pas pour rien… Évidemment, elle demande à Glinda de lui jouer le thème du film. 

(Cherche Midi p. 49 / Pocket p. 50)

5. Right Place, Wrong Time – Dr. John (1973)

Ici, c’est vraiment le titre qui nous a séduits. « Au mauvais endroit, au mauvais moment. » Nous avons tout de suite eu l’idée de la faire passer à la radio alors que le lecteur se poserait des questions sur les compagnons de route d’Amy, ici Trent et Roxy, notre couple de paranoïaques en fuite…
La chanson est de 1973. L’action se déroulant en juillet, nous espérions qu’elle soit sortie avant. Et elle est sortie en… avril ! Ouf ! (Nous savons que Quentin Tarantino se permet d’utiliser des titres sortis après la période de ses films, s’ils lui plaisent vraiment, mais c’est quelque chose que nous ne pourrions absolument pas faire ! 😱😱)

(Cherche Midi p. 67 / Pocket p. 68)

6. On the Run – Pink Floyd (1972)

Ce titre qui signifie « En cavale » était tout indiqué pour Trent et Roxy. Il est très étrange. On comprend qu’il puisse inquiéter Amy, la nuit, dans cette voiture, et qu’elle ne se rendorme pas…

(Cherche Midi p. 81 / Pocket p. 83)

7. Space Oddity – David Bowie (1969)

Nous cherchions une musique planante pour notre hippie qui voulait partir en transe afin de trouver l’animal totem d’Amy. Si vous n’avez pas lu le roman, ça doit vous paraître bizarre… C’est normal. Ça l’est ! 🤭🤭

(Cherche Midi p. 97 / Pocket p. 100)

8. Somewhere Over the Rainbow – Judy Garland (1939)

Nous l’avons dit et redit, America[s] est un conte. Or aux États-Unis, Le Magicien d’Oz est LA référence en matière de conte, c’est pourquoi nous avons glissé quelques clins d’œil à ce film de Victor Fleming… et roman de Lyman Frank Baum (on l’oublie souvent !). Dès lors, nous n’avons pas pu résister à l’envie de faire chanter ce morceau à Liza, qui rêve, comme Dorothy, et comme Amy, d’un avenir radieux.

(Cherche Midi p. 103 / Pocket p. 107)

9. Light My Fire – The Doors (1967)

La chanson que chantait Jim Morrison quand Liza est montée sur scène pour l’embrasser en plein concert… avant de s’étaler à ses pieds ! Une histoire qui est arrivée à une amie de la mère de Ludovic, avec non pas Jim Morrison, mais Michel Delpech. Elle n’a pas eu son baiser de Michel, hélas. Mais Liza a bien eu son baiser de Jim. C’est la magie de la littérature…

(Cherche Midi p. 107 / Pocket p. 111)

10. Take It Easy – Eagles (1972)

Un titre assez entraînant. Si America[s] était un film, ça pourrait être la musique de la bande-annonce. Dans le roman, Bruce Springsteen la chante avec Amy et ses musiciens. Nous aurions bien aimé y être. Ah mais… nous y étions, au moment de l’écriture ! 😉😉

(Cherche Midi p. 165 / Pocket p. 172)

11. Route 66 – The Rolling Stones (1964)

Un classique du rhythm and blues et une reprise assez méconnue des Rolling Stones. Amy traverse toutes ces villes citées par Mick Jagger. Oklahoma City, Amarillo, Gallup… Encore une chanson rythmée. Ça va bientôt se calmer…

(Cherche Midi p. 165 / Pocket p. 173)

12. 4th of July, Asbury Park (Sandy) – Bruce Springsteen (1975)

Ce titre est sorti en 1975… mais Bruce Springsteen l’a enregistré en 1973 ! Il l’a chanté le 27 juillet 1973 à la convention annuelle de CBS. Il pouvait donc tout à fait le chanter à Amy en avant-première le 26 juillet. « I may never see you again / Hey Sandy girl » (« Je ne te reverrai peut-être plus / Eh, petite Sandy ») La meilleure amie de notre héroïne s’appelait Sandy… Elle est morte deux mois et demi plus tôt, renversée par une voiture. Séquence émotion.

(Cherche Midi p. 172 / Pocket p. 180)

13. Pink Moon – Nick Drake (1972)

À l’instar de « On the Run » de Pink Floyd, une autre chanson à l’atmosphère étrange, portée par la voix caverneuse de Nick Drake. Sortie en 1974. Non, on plaisante ! 1972.

(Cherche Midi p. 174 / Pocket p. 183)

14. Papa Was a Rolling Stone – The Temptations (1972)

1972, encore ! Quelle année ! Amy fait du patin à roulettes sur le court de tennis du Manoir Playboy, entourée de quelques adultes. Cette idée, qui peut paraître farfelue, est sortie tout droit d’une vidéo dans laquelle James Caan faisait… du patin à roulettes sur le court de tennis… du Manoir Playboy ! Quant au « type très beau, torse nu sous sa veste de costume rose », qui essaie d’apprendre à Amy à faire du patin à roulettes, c’est Arnaud de Rosnay (photographe, surfeur et aventurier) qui nous l’a inspiré. On l’a vu dans cette tenue extravagante sur une photo (vraisemblablement prise lors d’un mariage) postée sur les réseaux par sa nièce, Tatiana de Rosnay.

(Cherche Midi p. 221 / Pocket p. 233)

15. Stuck in the Middle with You – Stealers Wheel (1972)

Cette chanson sera à jamais associée à Reservoir Dogs de Tarantino (encore lui !), mais nous nous étions promis de ne rien nous interdire avec ce roman. Et ce morceau collait si parfaitement à la situation… « Clowns to the left of me / Jokers to the right / Here I am, stuck in the middle with you » (« Des clowns à ma gauche / Des rigolos à ma droite / Et me voilà, coincé au milieu avec toi ») Et la suite, qui parle de pique-assiettes, quand tout le monde se goinfre au Manoir Playboy…

(Cherche Midi p. 222 / Pocket p. 233)

16. Your Song – Elton John (1970)

Un des titres emblématiques d’Elton John. Si nous nous étions trouvés, comme Amy, autour d’un piano, dans cette chambre, en 1973, c’est sans aucun doute une des chansons que nous aurions aimé qu’il nous chante, alors…

(Cherche Midi p. 231 / Pocket p. 243)

17. Goodbye Yellow Brick Road – Elton John (1973)

Celle-ci est sortie en octobre 1973… mais Elton l’a enregistrée en mai ! Nous lui faisons d’ailleurs préciser : « Ça doit sortir en octobre, mais vous allez en avoir la primeur… » Tout est sous contrôle. 😄😄 Dans ce morceau, il rend hommage au Magicien d’Oz. Il nous a donc semblé logique qu’il le chante à Amy. Nous en profitons pour lui faire dire qu’il portera un peu les mêmes chaussures que notre héroïne sur la pochette du 45 tours, des platform shoes rouges. Rouges comme les chaussures de Dorothy, l’héroïne du Magicien d’Oz, bien sûr. La boucle est bouclée !

(Cherche Midi p. 234 / Pocket p. 246)

18. We’re Off to See the Wizard — Judy Garland, Ray Bolger, Buddy Ebsen & Bert Lahr (1939)

Après « Somewhere Over the Rainbow », encore une chanson tirée du Magicien d’Oz. Dorothy chante cet air avec ses différents compagnons tout au long de son périple. Elton John venant d’interpréter « Goodbye Yellow Brick Road », il nous paraissait naturel et amusant qu’il enchaîne sur cette chanson au moment de sortir. 

Les paroles signifient : « Nous sommes en route pour voir le magicien, le merveilleux magicien d’Oz ! » Amy ne peut pas imaginer sur qui elle va tomber dans un instant…

(Cherche Midi p. 235 / Pocket p. 248)

19. Stairway to Heaven – Led Zeppelin (1971)

Un titre de 1971, pour changer. Une idée de Christian. En général, nous oublions qui a eu telle ou telle idée, mais ça, nous nous en souvenons, allez savoir pourquoi ! Alors qu’Amy monte ces escaliers, elle entend ce titre dans un des appartements… Un titre qui a forcément du sens, comme toujours. « Escaliers pour le paradis »… Vraiment ?

 (Cherche Midi p. 249 / Pocket p. 262)

20. Alone Again (Naturally) – Gilbert O’Sullivan (1971)

La réponse à la question précédente ! « À nouveau seule » en français. Mélancolique à souhait.

(Cherche Midi p. 253 / Pocket p. 266)

21. Take Me Home, Country Roads – John Denver (1971)

Pour la dernière chanson, il nous fallait une ode à la route. Un hymne. Nous voulions un morceau qui bouge… Un ami avec qui nous discutions des chansons de cette époque nous a parlé de celle-ci. C’était quelques mois avant que nous nous lancions dans l’écriture et elle a naturellement trouvé sa place ici.

(Cherche Midi p. 273 / Pocket p. 287)

America[s]

Nous avions la plupart des chansons lorsque nous avons commencé à écrire, à part « Stairway to Heaven » (un coup de génie de Christian, donc !) et peut-être une ou deux autres. Nous avions pensé utiliser « Killing Me Softly » par Roberta Flack (janvier 1973) lorsque Amy se trouve dans la voiture de Ted, mais il nous a semblé que c’était un peu too much. Et surtout, le silence était plus inquiétant.

Nous espérons que vous avez pris plaisir à découvrir ces petites histoires derrière l’histoire d’America[s]. Pour notre part, nous en avons eu énormément à nous replonger dans les souvenirs de sa genèse et son écriture !