Alabama 1963 : histoire d’une playlist

Plongez-vous avec nous dans la playlist d’Alabama 1963 et dans sa création ! Vous verrez que la musique dans nos romans n’est jamais décorative. Chaque chanson a été choisie pour une raison narrative, symbolique ou historique.

C’est parti !

Walk Like a Man — The Four Seasons (1963)

La radio joue un grand rôle dans le foyer d’Adela. C’est pour sa famille, comme pour tout le monde à l’époque, une fenêtre sur le monde, un moyen d’évasion mais aussi d’informations.
Nous savions déjà que Lazarus boitait quand nous avons eu l’idée d’utiliser cette chanson amusante (dont le titre signifie « Marche comme un homme ») sortie pile la bonne année (et en janvier, ouf !).
Pour info, sachez que Clint Eastwood a retracé la carrière des Four Seasons dans son film « Jersey Boys » de 2014.

(Cherche Midi p. 20 / Pocket p. 20)

Danse macabre, thème principal — Camille Saint-Saëns (1874)

Cette fois, nous cherchions un titre joyeux qui, malgré tout, annoncerait les événements tragiques qui allaient s’enchaîner. Même si, bien sûr, Gloria n’en a pas encore conscience lorsqu’elle joue ce morceau au début du récit. Quoique. On ne sait jamais, avec Gloria…

(Cherche Midi p. 28 / Pocket p. 27)

The End of the World — Skeeter Davis (1963)

Un classique aujourd’hui ! Notez que la chanteuse, de son vrai nom Mary Frances Penick, a adopté un surnom pour le moins particulier, Skeeter (moustique). Et comment se prénomme l’héroïne de « La Couleur des sentiments » ? Skeeter. On imagine que Katryn Stockett l’a emprunté à cette grande figure de la country. 

Nous voulions une chanson douce, qui tranche après l’altercation entre Bud et Dwight et qui introduise le personnage de Lorraine.

(Cherche Midi p. 31 / Pocket p. 30)

Be My Baby — The Ronettes (1963)

Encore une fois, nous cherchions un titre joyeux sur lequel Bernice et ses frères pourraient danser. Il est sorti en août 1963, or ils l’écoutent le 21. C’est pourquoi Adela ne connaît pas la chanson et Bernice écorche le nom du groupe (« C’est un nouveau groupe, les Rodetts ! »). 

Cette chanson figure dans Dirty Dancing, qui se déroule également en 1963 et auquel nous faisons un clin d’œil quand Dorothy dit que sa nièce Frances (Frédérique en VF) s’est entichée d’un danseur dans un camp de vacances. 

Ce titre est produit par Phil Spector, qui était également derrière les tubes « Let It Be » des Beatles, « River Deep Mountain High » de Ike & Tina Turner ou encore « Unchained Melody » des Righteous Brothers, et pour l’anecdote, nous avons écrit la VF du film Phil Spector de David Mamet, avec Al Pacino et Helen Mirren.

(Cherche Midi p. 88 / Pocket p. 82)

I Love You — Bing Crosby (1944)

Nous aimions l’idée qu’Adela soit fan d’un chanteur blanc. Elle a des préjugés sur les Blancs, et alors ? Ça la rend plus complexe. On l’imaginait très bien se dire : « Mais lui, c’est pas pareil ! ».

Bing Crosby est une institution aux États-Unis. Il est l’interprète du fameux chant de Noël « White Christmas ».

(Cherche Midi p. 89 / Pocket p. 83)

You Must Have Been A Beautiful Baby — Bobby Darin (1961)

Encore une chanson rythmée, très sympathique. Mais qui devient deplacée lorsqu’on apprend qu’on a retrouvé Dee Dee, morte. Les paroles, qui signifient « Tu as dû être un beau bébé » ajoutent au malaise. 

Nous avons joué du fait que Bing Crosby ait aussi chanté ce titre. Voilà qui nous arrangeait. Cadeau du ciel !

Pour info, Bobby Darin est surtout connu pour « Beyond the Sea », sa reprise de « La Mer » de Charles Trenet.

(Cherche Midi p. 91 / Pocket p. 85)

Our Day Will Come — Ruby & the Romantics (1962)

Nous avons tout de suite pensé que ce titre, qui signifie « Notre jour viendra » et qui est chanté par une artiste noire, pourrait être interprété comme un message de revendication et d’espoir par un personnage noir et comme une simple chanson d’amour par un personnage blanc. Restait à savoir qui… Il nous a semblé qu’Adela et Dorothy étaient les meilleurs choix.

(Cherche Midi p. 144 / Pocket p. 133)

Lonely Wine — Roy Orbison (1963)

Nous aimons beaucoup Roy Orbison, dont la voix évoque immédiatement une autre époque… Ce morceau, « Le vin solitaire », était tout indiqué pour Bud, au Grady’s. 

(Cherche Midi p. 157 / Pocket p. 145)

Strange Fruit — Billie Holiday (1939)

Un titre plus ancien. Nous ne faisons que l’évoquer, mais quel titre ! Le « fruit étrange » dont il est question ici est un Noir pendu à un arbre… Il nous tenait à cœur de mentionner cette grande chanson et son immense interprète, qui dénoncent la violence et la cruauté des lynchages.

(Cherche Midi p. 159 / Pocket p. 147)

I’ll Be Seeing You — Bing Crosby (1944)

Revoilà Bing Crosby ! Si l’on peut dire puisque la première fois, c’était Bernice qui chantait (pour se moquer) son « I Love You ». Cette fois, c’est Adela qui chantonne « I’ll Be Seeing You » alors qu’elle décroche les rideaux de Bud. Cela montre qu’elle se sent à l’aise désormais. On mesure le chemin parcouru depuis sa première venue.

(Cherche Midi p. 170 / Pocket p. 156)

Don’t Worry — Marty Robbins (1961)

« Ne t’inquiète pas » chante Marty Robbins alors que, chez Adela, la soirée de Thankgiving s’achève paisiblement. Et puis une brique vient fracasser une des vitres du salon ! Nous aimions cette rupture, d’autant plus forte après une gentille ballade.

(Cherche Midi p. 259 / Pocket p. 240)

Blue Velvet — Bobby Vinton (1963)

Un titre qui passe au Grady’s alors que Bud et Lorraine discutent. Si vous faites attention, ce sont toujours de jolies ballades qui accompagnent les conversations de ces deux-là. Si bien que nous aurions presque envie de crier à Bud : « Mais invite-la à danser, patate ! »

Nous adorons cette chanson, qui a donné son titre au film éponyme de David Lynch. Comme souvent, nous ne savons plus lequel de nous deux a suggéré de l’utiliser. 

(Si vous ne connaissez pas la version de Lana Del Rey, foncez l’écouter aussi ! 👌👌)

(Cherche Midi p. 312 / Pocket p. 289)

A Woman, a Lover, a Friend — Jackie Wilson (1960)

Cette chanson, dans laquelle Jackie Wilson chante qu’il veut une femme, une maîtresse, une amie, nous a paru idéale alors que Bud trouve enfin le courage de déclarer sa flamme à Lorraine.

Nous ne nous souvenons plus du moment où nous avons découvert ce titre, que nous ne connaissions pas avant d’entamer nos recherches pour le roman. Belle découverte !

(Cherche Midi p. 330 / Pocket p. 303)


Vous avez aimé vous replonger dans le roman à travers sa bande originale ? Des images vous sont peut-être revenus… Des décors, des personnages, des situations. Ce serait le plus beau compliment, et d’autant plus si vous ne l’avez pas lu récemment, car nous espérons toujours que nos romans vous accompagneront au-delà des quelques heures de lecture que vous leur avez consacré.

N’hésitez pas à vous plonger aussi dans la playlist d’America[s] pour un autre voyage musical, dans les 70s cette fois.