Le roman qui…

Parmi nos trois romans publiés et celui que nous sommes en train d’écrire, lequel nous a donné le plus de fil à retordre ? Duquel sommes-nous le plus fiers ? Lequel aimerions-nous voir adapté au cinéma ? Nous répondons tous les deux à ces trois questions, et à beaucoup d’autres…

Ludovic : Alabama 1963

À la fin de l’écriture, nous aurions pu tenir des conférences sur la ségrégation ! 😀

Christian : Le 4e

Nous connaissons moins bien le pays dans lequel se déroule le prochain roman. Il nous a fallu nous familiariser. Et nous avons dû également nous immerger dans une nouvelle époque.

Ludovic : America[s]

L’idée nous est venue après avoir pris une jeune fille en auto-stop. Le roman lui est d’ailleurs dédié. Alors bien sûr, elle n’était pas aussi jeune que notre héroïne et ne parcourait qu’une dizaine de kilomètres, en France, mais sa rencontre a été un déclic.

Christian : Le 4e

Je racontais une histoire de famille à un autre auteur et au fur et à mesure que je la verbalisais, je me rendais compte que nous tenions un excellent sujet ! Depuis, j’ai peur que l’autre auteur, qui s’est exclamé « Mais il faut en faire un roman ! », l’écrive avant nous ! 🤭

Ludovic : À l’ombre de Winnicott

Nous savions que ce roman contiendrait des éléments de comédie, mais il est devenu plus drôle encore que nous ne l’avions anticipé. Il faut croire que nos personnages, anglais, avaient ce fameux humour british…

Christian : À l’ombre de Winnicott

Tout le long de l’écriture, nous n’étions pas sûrs que l’échange de lettres à la fin fonctionnerait. Ça peut sembler étrange aujourd’hui, mais sur le moment, ce n’était pas évident. Ça a été une très bonne surprise et un soulagement. Et on nous en parle beaucoup, de ces lettres. 

Ludovic : Alabama 1963

À l’époque, nous travaillions énormément en tant qu’adaptateurs (traducteurs de dialogues de séries et de films). Mais dès que nous avions un ou deux jours entre deux projets, nous reprenions le roman.

Christian : Alabama 1963

À la fin, nous avons refusé du travail pendant trois mois pour terminer le manuscrit. Sinon, nous y serions encore !

En tout, l’écriture s’est étalée sur quatre ans, ce que je ne recommande pas forcément. 😀

Ludovic : America[s]

Au moment de la préparation et de la recherche d’idées, nous avons écouté beaucoup de morceaux du début des années 70 pour nous mettre dans une certaine atmosphère. 

Christian : America[s]

La musique fait partie intégrante de l’histoire et de l’ambiance. D’ailleurs, on retrouve la playlist du roman (commentée, s’il vous plaît !) sur notre site.

Ludovic : Alabama 1963

Entre l’enquête, les événements historiques et l’emploi du temps d’Adela, ça a été un véritable puzzle à mettre en place. Par exemple, nous avons dû tout modifier lorsque nous avons décidé qu’Adela serait chez Dorothy le jour de la mort de Kennedy et chez Gloria le jour de son enterrement. À partir de là, il fallait qu’elle travaille chez Dorothy le vendredi et chez Gloria le lundi…

Christian : America[s]

On est tout le temps avec Amy, alors que dans Alabama 1963, nous pouvions passer d’Adela à Bud quand nous le voulions… Nous avions sous-estimé cette difficulté. Et puis elle devait parler comme une fille de son âge, avec un vocabulaire approprié, or nous ne voulions pas écrire un livre pour enfants. Il nous fallait donc écrire ses dialogues avec l’optique que leur vraie teneur lui échappe. Ce sont les autres, et les lecteurs, qui doivent en saisir le sous-texte.

Août 2026

Ludovic : À l’ombre de Winnicott

Pour la première fois, nous avons étoffé un personnage à l’écriture, celui de Lucille, la maîtresse de maison. Son rôle était un peu moins développé dans notre plan initial, mais en écrivant ses scènes nous nous sommes attachés à elle et elle nous a peu à peu « échappé ». Cela dit, nous l’avons suivie avec plaisir.

Christian : À l’ombre de Winnicott

Nous avons ajouté pas mal de scènes dans lesquelles elle se montre extrêmement humaine et vulnérable, ce qu’elle n’était pas à ce point dans notre esprit.

Ludovic : America[s]

Nous avons prêté à Amy beaucoup des pensées que nous avions à son âge. Et le roman regorge d’anecdotes familiales. 

Christian : À l’ombre de Winnicott

Lucille partage certaines de mes névroses et j’ai créé à Winnicott Hall un décor à la hauteur de ma folie des grandeurs. 😂 Et puis Viviane a des origines qui mêlent celles de Ludovic et les miennes, George est né le même jour que Ludovic, certaines répliques m’ont été inspirées par ma mère…

Ludovic : America[s]

Chaque rencontre que fait Amy aurait pu donner lieu à un roman à part entière. Mais bon, elle a un objectif : rejoindre sa sœur au manoir Playboy. Nous ne pouvions donc pas trop traîner en route !

Christian : Alabama 1963

Nous étions curieux de savoir ce que devenait Lorraine, la serveuse du Grady’s, qui quitte Birmingham à la fin du roman. C’est pourquoi elle réapparaît dans America[s].

Ludovic : À l’ombre de Winnicott

Sans aucun doute. Nous avons pleuré de rire à certains moments. C’est certainement notre roman le plus drôle, malgré le sujet qui peut faire un peu peur de prime abord.

Christian : À l’ombre de Winnicott

Les personnages nous ont entraînés dans leur délire, je crois. Ils nous ont dicté des répliques qui nous amusent encore. Une lectrice nous a fait un très beau compliment en nous disant qu’elle avait pensé à Feydeau et Sacha Guitry en nous lisant. Elle m’a fait rougir !

Ludovic : Alabama 1963 et America[s]

Alabama 1963 semble la réponse la plus évidente, mais j’aimerais voir America[s] aussi. Et je sais que Christian va répondre À l’ombre de Winnicott

Christian : À l’ombre de Winnicott 

Il est facilement adaptable car c’est un huis clos. Et il pourrait faire une bonne pièce de théâtre aussi, l’histoire reposant beaucoup sur les relations entre les personnages et sur les dialogues. Ça m’a frappé la dernière fois que je l’ai lu, peu après sa publication.

Ludovic : Alabama 1963

Parce que c’est le premier et qu’il fallait y croire, alors que nous n’avions aucune garantie qu’il soit publié un jour. 

Et nous sommes également très fiers qu’il soit sorti en édition scolaire et plaise à un public adolescent habituellement difficile à contenter.

Christian : America[s]

Parce que nous avons écrit le roman que nous voulions, sans concessions, dans une totale liberté. C’est un roman assez gonflé sur bien des aspects. Et puis enchaîner avec un conte après une enquête ancrée dans une réalité sociale assez dure, il fallait oser ! Et aujourd’hui, c’est le préféré de beaucoup de lecteurs, ce qui était loin d’être gagné d’avance étant donné le succès de son prédécesseur.

Ludovic : America[s]

Ces dernières années, j’ai peur d’avoir perdu un peu de l’innocence qui était nécessaire pour raconter cette histoire. Et d’un autre côté, quelle merveilleuse échappatoire !

Christian : À l’ombre de Winnicott

Je ne sais pas si j’aurais encore l’énergie d’écrire un autre roman de 500 pages.

Ludovic : Le 4e

Parce que notre plan est un peu moins précis cette fois. Nous savons tout ce qui va se passer ou presque, mais pas forcément dans quel ordre.

Christian : Le 4e

Il arrive aussi que ce soit moi qui me mette au clavier, alors que je ne crois pas avoir tapé un mot des autres romans !

À lire aussi : le journal d’écriture de notre prochain roman